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Colloque sur "La folie Ordinaire"

Publié le 30 septembre 2016 Mis à jour le 25 janvier 2017
Toile de Silvia Maddonni
Toile de Silvia Maddonni

Nous proposons dans ce colloque de travailler sur une clinique aux limites visant à approfondir nos réflexions à travers divers aspects, sur ce qui communément, est appelé la « folie », dans son caractère « ordinaire » ...

Date(s)

du 17 mars 2017 au 18 mars 2017



 

Lieu(x)
Bâtiment A
Université Paris Nanterre
Amphi A2
Le qualificatif d’ordinaire appliqué à la folie peut sembler paradoxal eu égard à son caractère habituellement extraordinaire puisqu’elle sort précisément de l’ordinaire. L’antinomie n’est pourtant qu’apparente dans la mesure où la folie est aussi partie prenante de la vie quotidienne. Certes la folie est déroutante mais elle n’en est pas moins familière et le paradoxe qui consiste à qualifier la folie d’ordinaire n’est donc qu’apparent.

La folie ordinaire sera d’abord appréhendée dans son rapport au temps et à la temporalité. Elle peut ne durer qu’un temps : véritable période de production délirante souvent floride, sans atteinte manifeste des facultés intellectuelles, avec une adaptation à la réalité matérielle et sociale qui peut rester longtemps élevée. Il peut également s’agir d’une période blanche d’adaptation sociale, réussie là encore, mais prémisse d’une période de crise faisant basculer le sujet dans le délire manifeste. Elle révèle alors une problématique latente dont les ressorts ne s’identifient qu’après coup. D’un point de vue développemental, cette notion pourra aussi être rapportée à différents âges de la vie, en particulier à la période spécifique de l’adolescence.

Il sera également question du rapport que la folie ordinaire entretient avec l’autre autour de l’idée suivant laquelle le délirant n’est délirant que dans le regard de cet autre La folie reste en effet ordinaire tant que l’autre ou le corps social en général n’a pas pris acte de ce qui se déploie d’une folie. Dans cette perspective, il peut être envisagé sur le plan collectif, le point de vue de l’antipsychiatrie et sur le plan individuel, la problématique de la passion et de l’aspiration à abolir les limites personnelles ainsi que celle de la folie à deux.

Doit également être pris en compte le rapport entre folie ordinaire et environnement avec en particulier les questions relatives à la bizarrerie et à l’hallucination. A cet égard nous pourrons examiner l’écart entre les phénomènes xénopathiques isolés et le délire à proprement parler. Il existe des phénomènes hallucinatoires qui laissent le sujet indifférent et où les hallucinations elles-mêmes, ne peuvent être perçues que comme de voix lointaines assez vagues.

La folie ordinaire peut encore être considérée en regard de son rapport à une supposée normalité. Elle unit la pathologie et la normalité avec la place qu’occupe la sensorialité et l’organisation même du vivant. Comme le souligne l’artiste contemporain Bill Viola (2009) « nous atteignons la fin de l’ère de la vision optique. Aujourd’hui ce que l’œil voit ne doit pas nécessairement être pris pour une chose réelle. La réalité est submergée par des informations incorporées en nous. C’est pourquoi ce qui est subjectif est en train de devenir la nouvelle subjectivité ».

La folie ordinaire peut enfin être appréhendée non seulement sous un angle privé ou public : Privé du côté de la fantasmatique propre à chacun car, comme a pu le faire remarquer Freud lui-même, la psychose survient chez le sujet normal quand il rêve au cours de la nuit. Mais également public avec la dimension propre à la créativité : l’acte créatif venant au monde dans cet espace d’ombre intermédiaire qui existe entre le Soi et le non-Soi, cet espace qui fait penser à l’objet transitionnel comme le soulignait Sydney Stewart et qui n’est pas sans rappeler les coulisses du théâtre antique.

Mis à jour le 25 janvier 2017